Mon petit papa chéri......
le 4 janvier 2008
Au printemps dernier j'étais SI contente de te retrouver après ces
longues, trop longues, années de séparation.
C'était au printemps dernier que je t'envoyais ma lettre qui te disait
toute cette affection que j'avais pour toi......
En juin j'ai eu cet immense bonheur de te serrer dans mes bras....
Je t'ai posé des questions, je me suis intéressée à ta vie et tu
m'as parlé de tant de choses
J'ai commencé à faire le montage des 8 films 8mm que tu m'avais
donnés il y a longtemps...
Tu as été ému et content d'en voir deux terminé et le troisième
presque terminé
J'étais fière et ravie, plus que tout ton avis était important
pour moi....
Tu m'as dit que tes films avaient repris vie et que c'était grâce
à moi et tu m'as dit merci.
J'étais redevenue la petite fille du temps passé en adoration
devant son papa
Mais voilà, c'était trop beau
Maman a dû aller à l'hôpital la veille du 24 décembre et tu t'es
retrouvé tout seul pour le réveillon avec un cœur si gros que pour toi la fête
n'était plus.
Tu as fait un A.V.C. vers 21 h 15 (heure ou tu as essayé de joindre
maman à l'hôpital) et j'ai été la dernière à entendre ta chère voix quand je
t'ai téléphoné vers 21 h 30.
Après ta voix s'est éteinte à jamais..... Tu m'as reconnue, tu
m'as dit que tu étais tombé, que tu avais tenté de joindre maman, j'ai essayé de
te rassurer et j'ai appelé les secours.... Je voulais tant y croire, même si
l'angoisse était présente dans mon cœur comme un étau qui m'empêchait de
respirer....
Je suis venue aussi vite que j'ai pu
J'ai vu tes larmes couler, la souffrance sur ton front. J'ai senti
ta main droite, la seule encore vivante, serrer la mienne. Tu l'as levée vers
mes cheveux et par les cheveux tu m'as attirée vers toi pour un baiser.......
Et je me refusais à désespérer. Je savais ta souffrance, j'ai
répondu à tes questions muettes parce que je savais quelles questions te
minaient.... J'ai caressé ton front, embrassé ta joue et tes chères mains..... Et
j'aurai voulu le faire encore des années et des années.... tellement je
t'aimais, tellement je t'aime
Mon petit papa, j'étais égoïste, car tu n'aurais jamais plus
retrouvé l'usage de la parole, jamais plus tu n'aurais pu marcher, tu
n'aurais même pas retrouvé la faculté de manger....
Mais, papa, comprends, j'avais encore tant à te dire.... j'avais
encore tant à te demander..... J’avais encore tant besoin de l'affection de tes
yeux qui me regardaient....
Papa, pourquoi donc es tu parti, déjà ? ... je sais que tu
avais 84 ans, que tu étais sur un fauteuil roulant, que les drames de nos vies
t'avaient épuisé, que le cancer et le diabète te faisaient souffrir...
mais je te voulais encore dans ma vie, je te voulais encore me parlant....
j'avais encore les autres films à te montrer....
Dans nos vies il y a eu des hauts et des bas... des drames
affreux, mais tu es pour moi le plus gentil papa du monde, le plus merveilleux
Je t'ai admiré et je t'admire encore.
Autodidacte intelligent et sensible tu m'as guidée sans avoir à me
préciser les choses, tu m'as donné la curiosité, la compréhension des
différences des uns et des autres, tu m'as fait découvrir qu'il ne fallait pas
juger sans savoir et plus que tout je voudrai posséder ton humour en toutes
circonstances.... Je suis reconnaissante que cette intelligence et cette
sensibilité tu ais pu les garder jusqu'à la fin... Jus qu’au bout de ta vie
terrestre...De toi, de ta vie parmi nous ici sur terre, c'est de ces choses là
uniquement que je me souviendrai....
Papa, mon petit papa, je t'aime, tu me manques déjà tellement, tu
ne cesseras de me manquer mais je ne veux pas te retenir, quand bien même je le
voudrais que je ne le pourrais pas…Que ton âme parte vers d’autres lieux et
connaisse le bonheur, c’est tout ce que je veux pour toi….
Annemarie
(Annemie Auburtin)