vendredi 8 mai 2015

Mon petit papa chéri......





le 4 janvier 2008



Au printemps dernier j'étais SI contente de te retrouver après ces longues, trop longues, années de séparation.
C'était au printemps dernier que je t'envoyais ma lettre qui te disait toute cette affection que j'avais pour toi......
En juin j'ai eu cet immense bonheur de te serrer dans mes bras....
Je t'ai posé des questions, je me suis intéressée à ta vie et tu m'as parlé de tant de choses
J'ai commencé à faire le montage des 8 films 8mm que tu m'avais donnés il y a longtemps...
Tu as été ému et content d'en voir deux terminé et le troisième presque terminé
J'étais fière et ravie, plus que tout ton avis était important pour moi....
Tu m'as dit que tes films avaient repris vie et que c'était grâce à moi et tu m'as dit merci.
J'étais redevenue la petite fille du temps passé en adoration devant son papa

Mais voilà, c'était trop beau
Maman a dû aller à l'hôpital la veille du 24 décembre et tu t'es retrouvé tout seul pour le réveillon avec un cœur si gros que pour toi la fête n'était plus.
Tu as fait un A.V.C. vers 21 h 15 (heure ou tu as essayé de joindre maman à l'hôpital) et j'ai été la dernière à entendre ta chère voix quand je t'ai téléphoné vers 21 h 30.
Après ta voix s'est éteinte à jamais..... Tu m'as reconnue, tu m'as dit que tu étais tombé, que tu avais tenté de joindre maman, j'ai essayé de te rassurer et j'ai appelé les secours.... Je voulais tant y croire, même si l'angoisse était présente dans mon cœur comme un étau qui m'empêchait de respirer....

Je suis venue aussi vite que j'ai pu
J'ai vu tes larmes couler, la souffrance sur ton front. J'ai senti ta main droite, la seule encore vivante, serrer la mienne. Tu l'as levée vers mes cheveux et par les cheveux tu m'as attirée vers toi pour un baiser.......
Et je me refusais à désespérer. Je savais ta souffrance, j'ai répondu à tes questions muettes parce que je savais quelles questions te minaient.... J'ai caressé ton front, embrassé ta joue et tes chères mains..... Et j'aurai voulu le faire encore des années et des années.... tellement je t'aimais, tellement je t'aime

Mon petit papa, j'étais égoïste, car tu n'aurais jamais plus retrouvé l'usage de la parole, jamais plus tu n'aurais pu marcher, tu n'aurais même pas retrouvé la faculté de manger....
Mais, papa, comprends, j'avais encore tant à te dire.... j'avais encore tant à te demander..... J’avais encore tant besoin de l'affection de tes yeux qui me regardaient....
Papa, pourquoi donc es tu parti, déjà ? ... je sais que tu avais 84 ans, que tu étais sur un fauteuil roulant, que les drames de nos vies t'avaient épuisé, que le cancer et le diabète te faisaient souffrir... mais je te voulais encore dans ma vie, je te voulais encore me parlant.... j'avais encore les autres films à te montrer....

Dans nos vies il y a eu des hauts et des bas... des drames affreux, mais tu es pour moi le plus gentil papa du monde, le plus merveilleux
Je t'ai admiré et je t'admire encore.
Autodidacte intelligent et sensible tu m'as guidée sans avoir à me préciser les choses, tu m'as donné la curiosité, la compréhension des différences des uns et des autres, tu m'as fait découvrir qu'il ne fallait pas juger sans savoir et plus que tout je voudrai posséder ton humour en toutes circonstances.... Je suis reconnaissante que cette intelligence et cette sensibilité tu ais pu les garder jusqu'à la fin... Jus qu’au bout de ta vie terrestre...De toi, de ta vie parmi nous ici sur terre, c'est de ces choses là uniquement que je me souviendrai....

Papa, mon petit papa, je t'aime, tu me manques déjà tellement, tu ne cesseras de me manquer mais je ne veux pas te retenir, quand bien même je le voudrais que je ne le pourrais pas…Que ton âme parte vers d’autres lieux et connaisse le bonheur, c’est tout ce que je veux pour toi….

Annemarie
(Annemie Auburtin)



dimanche 3 mai 2015

    

                                                      (photo de  ODE B)

CRIS et chuchotements


Une voix
Qui chuchote en moi....
Affolée, choquée, attristée.
Dans ma paix violée
Des cris
Transpercent ma vie.
« Vielle folle ! »
Pauvre cœur tu  flageoles.
« T’es immonde !»
J’entre dans la ronde..
« Sorcière ! »
Des sentiments en bandoulière…
« Je te déteste ! »
De l’Amour indigeste.
Oh ces cris
Transpercent ma vie.
Porte encore et encore claquée,
Mon âme est  piétinée.
Porte cassée et re cassée,
Amour encore et encore fracassé.
Verre brisé :
Respect oublié,
Âme brisée,
Amour piétiné.
Meurtrie,
Suis-je  seulement encore en vie
Mes chuchotements
En moi hurlent abominablement.
Téléphone qui sonne,
Amitié qui résonne,
Amitié et chaleur.
Tout doux mon cœur..
Mon enfant meurtrie,
Plus à plaindre que moi
Dans sa violence emplie d’effroi,
Ne me détruis plus aujourd'hui.
Malgré tout je vis
Malgré tout, je vis.


Annemie Auburtin