(image de instazu.com)
Quelle issue ?
2 février 2019, samedi
C’est encore la même chose que je vais écrire,
depuis des années, encore et toujours la même chose
J’ai une grande, belle maison… enfin une maison qui me plait
Mais c’est dans mon bureau que je mange.
Les larmes brûlantes, refusent de couler et pèsent,
pèsent en moi.
J’ai mis la radio italienne, fort, très fort.
Ces chansons si italiennes ne sont pas faites pour me consoler. Au contraire.
Je les écoute si fort, qu’elles couvrent ses cris.
Mais elles ne couvrent pas mes cris intérieurs, mon
désespoir et ma désespérance.
Elles ne font que couvrir ses cris à elle, et encore, pas toujours.
Et à les écouter, ces chansons italiennes, si tendres, si douces, à les entendre, je me sens plus seule
encore.
Qui me prendra un jour dans ses bras ?
Qui, un jour, me bercera et me dira ces mots qui pourraient
me consoler, peut être, même pas sur.
"Mais non, tu n’es pas mauvaise, mais non tu n’as pas
tout raté… mais non elle ne te hait pas."
"Mais oui, tu es quelqu’un de bien, mais oui tu
mérites aussi de rire et d’être aimée. Mais oui tu mérites de finir tes jours
dans la paix, cette paix qui toute ta vie t’a été refusée"
On peut quitter un homme alcoolique qui vous
violentait et violait.
On peut quitter un homme colérique qui vous
insultait et vous rabaissait
Mais comment fait-on quand c’est votre enfant, la plus
jeune, qui une fois de plus, qui encore et encore hurle, insulte, vous
obligeant à vous retrancher dans une pièce, voire même à quitter la maison,
votre maison.
Comment fait-on quand les larmes ne veulent plus
sortir, et vous brûlent de l’intérieur ?
Comment fait-on quand on voudrait hurler, mais que
les hurlements restent coincés à l’intérieur de vous ?
Comment fait-on quand rien ne change, que les mois
passent, les années et qu’on se fait encore et encore hurler dessus… pour
rien ?
Une enfant adulte, encore dépendante de vous.
Une enfant adulte, se conduisant dehors, en pleine
rue, en plein magasin, en gosse mal élevée…. au point que les gens vous
regardent étonnés, apitoyés et que vous n’avez qu’une idée, rentrer vite, vite
chez vous.
Une enfant alcoolique elle aussi.
Une enfant, insultante elle aussi.
J’ai tout essayé, la fuite, les efforts vers une
communication non violente.
Mais à l’instar de son père, une goutte suffit, une
goutte, un regard, pour que la colère,
noire et désespérée, éclate. Durant des heures… Et cette colère, ces
hurlements, m’emprisonnent dans ma maison, dans ma vie.
Voilà maintenant deux heures qu’elle hurle, claque
les portes et que je pense à me faufiler pour quitter ma maison, mon havre,
dont elle fait un enfer…