lundi 13 avril 2020

Confinée ......Maboule? Mariole?

«  ......Afficher l’image source.......................»
« anemrib  lou »
« Ébroue ? Emboue ? »
« Oooo là là, relou…relou ! »
Un boa qui aboie ?
Des moineaux minéraux ?
Une molaire lumière ?
Une aube qui enrobe ?
« Maboule ? Mariole ? Moi ? »
« NON ! NON ! NON ! »
Le boa s’enroula.
Des moineaux sur un  ormeau.
Les molaires moulèrent.
Et l’aube se dérobe.
« Et moi, Annemieje rie, rie, rie !!!! »

Annemie Auburtin
12/04/2020

dimanche 3 mars 2019


Résultat de recherche d'images pour "image cris hurlements" (image de instazu.com)

Quelle issue ?



2 février 2019, samedi



C’est encore la même chose que je vais écrire, depuis des années, encore et toujours la même chose

J’ai une grande, belle maison… enfin une maison  qui me plait

Mais c’est dans mon bureau que je mange.

Les larmes brûlantes, refusent de couler et pèsent, pèsent en moi.

J’ai mis la radio italienne, fort, très fort.

Ces chansons si italiennes ne sont pas faites  pour me consoler. Au contraire.

Je les écoute si fort, qu’elles couvrent ses cris.

Mais elles ne couvrent pas mes cris intérieurs, mon désespoir et ma désespérance.

Elles ne font que couvrir ses cris à elle, et encore, pas toujours.

Et à les écouter, ces chansons italiennes, si tendres, si douces, à les entendre, je me sens plus seule encore.

Qui me prendra un jour dans ses bras ?

Qui, un jour, me bercera et me dira ces mots qui pourraient me consoler, peut être, même pas sur. 

"Mais non, tu n’es pas mauvaise, mais non tu n’as pas tout raté… mais non elle ne te hait pas."

"Mais oui, tu es quelqu’un de bien, mais oui tu mérites aussi de rire et d’être aimée. Mais oui tu mérites de finir tes jours dans la paix, cette paix qui toute ta vie t’a été refusée"


On peut quitter un homme alcoolique qui vous violentait et violait.

On peut quitter un homme colérique qui vous insultait et vous rabaissait

Mais comment fait-on quand c’est votre enfant, la plus jeune, qui une fois de plus, qui encore et encore hurle, insulte, vous obligeant à vous retrancher dans une pièce, voire même à quitter la maison, votre maison.

Comment fait-on quand les larmes ne veulent plus sortir, et vous brûlent de l’intérieur ?

Comment fait-on quand on voudrait hurler, mais que les hurlements restent coincés à l’intérieur de vous ?

Comment fait-on quand rien ne change, que les mois passent, les années et qu’on se fait encore et encore hurler dessus… pour rien ?

Une enfant adulte, encore dépendante de vous.

Une enfant adulte, se conduisant dehors, en pleine rue, en plein magasin, en gosse mal élevée…. au point que les gens vous regardent étonnés, apitoyés et que vous n’avez qu’une idée, rentrer vite, vite chez vous.

Une enfant alcoolique elle aussi.

Une enfant, insultante elle aussi.



J’ai tout essayé, la fuite, les efforts vers une communication non violente.

Mais à l’instar de son père, une goutte suffit, une goutte,  un regard, pour que la colère, noire et désespérée, éclate. Durant des heures… Et cette colère, ces hurlements, m’emprisonnent dans ma maison, dans ma vie.

Voilà maintenant deux heures qu’elle hurle, claque les portes et que je pense à me faufiler pour quitter ma maison, mon havre, dont elle fait un enfer…

mercredi 18 mai 2016



Un puits sans fond



Laisser libre court à mes sanglots, jusqu'au bout de mes nuits, jusqu'à tomber, épuisée et sans forces, dans le silence d'un sommeil sans fin.
Et mon cœur sera étouffé par ses sanglots qui, déjà, ont du mal à s'écouler .
Mais dans le fond, chambre d'hôtel ou chez moi, peu importe le lieu... mes sanglots interminables et ma terreur n'en seront pas moins
Je devrai en profiter, en tous cas... en profiter pour essayer de réparer la blessure de ce cœur si meurtri... mais est-ce seulement encore possible?
Mon amour beaucoup trop inconditionnel me plonge dans le désespoir et a, sans doute, beaucoup trop détruit.

Ma vie ne serait-elle pas totalement vide?
Une blessure peut-elle toujours cicatriser?
Ou bien est ce que ces deux petites flammes ne sont en fait là que pour mettre le doigt sur cette immense solitude et ce vide sans fond?

Mon trop grand désespoir me plonge dans une terreur épuisante qui me laisse abasourdie et sans forces
Oui, c'est ainsi qu'elle me parait ma solitude, amaigrie, privée d'affection et de joie, telle une louve prête à tout dévorer sur son passage, amis, famille, rires et joies, me plongeant dans un vide sans fin et dans l'immensité d'un désespoir intarissable

Mes cris silencieux m'ont menée dans une impasse sans issue car trop longtemps ils ont fait le silence sur cette maltraitance autrefois subie et qui encore et encore renaît de ses cendres tellement il est facile de rejeter sur moi sa colère et de faire de moi son souffre-douleur.

samedi 31 octobre 2015

Secouée


 (illustrationextrait d'une création de Bea Serendipity
"SAY NO  unite to end violence against women" 

(Commentaire en dessous)



(Au père de nos enfants)

Attirée par tes vrais atours,
Certaine du roc de ton amour,
La caresse d’un jour
Pour moi rimait avec toujours.
Le temps d’un tango,
Le temps d’un  slow,
Et dans la pluie
Ce rêve s’est évanoui.
Alcool,  insultes et cris
M’ont plongée dans la nuit.
Sur moi, sans fin, tu t’es acharné.
Secouée, choquée, bouleversée,
La valse de tes caresses,
Maintenant m’oppresse
Et mes tendres chuchotements
Ne sont plus que du vent.
De cet amour néant
Nous restent quatre enfants
Secoués,
Choqués,
Bouleversés
Dans leur peine ils se sont enfermés
L’amour et leur vie
Ils peinent à assumer.
Et souvent dans les cris
Tentent de se réfugier
Si nous ne sommes plus des  amants
Nous sommes, cependant, leurs parents


Annemie Auburtin



Il existe toutes sortes de violences.
Elles ne sont pas toutes physiques.
Souvent nous les avons en nous... plus ou moins..... différentes.... à des moments divers.....
Les débusquer, chercher leurs raisons possibles, c'est le premier pas vers la sérénité et l'amour.
N'acceptons jamais la violence quelle qu'elle soit
Mais n'oublions pas de voir combien tremble la main de la personne en proie à sa colère et comprenons à quel point cette personne est malheureuse.

vendredi 8 mai 2015

Mon petit papa chéri......





le 4 janvier 2008



Au printemps dernier j'étais SI contente de te retrouver après ces longues, trop longues, années de séparation.
C'était au printemps dernier que je t'envoyais ma lettre qui te disait toute cette affection que j'avais pour toi......
En juin j'ai eu cet immense bonheur de te serrer dans mes bras....
Je t'ai posé des questions, je me suis intéressée à ta vie et tu m'as parlé de tant de choses
J'ai commencé à faire le montage des 8 films 8mm que tu m'avais donnés il y a longtemps...
Tu as été ému et content d'en voir deux terminé et le troisième presque terminé
J'étais fière et ravie, plus que tout ton avis était important pour moi....
Tu m'as dit que tes films avaient repris vie et que c'était grâce à moi et tu m'as dit merci.
J'étais redevenue la petite fille du temps passé en adoration devant son papa

Mais voilà, c'était trop beau
Maman a dû aller à l'hôpital la veille du 24 décembre et tu t'es retrouvé tout seul pour le réveillon avec un cœur si gros que pour toi la fête n'était plus.
Tu as fait un A.V.C. vers 21 h 15 (heure ou tu as essayé de joindre maman à l'hôpital) et j'ai été la dernière à entendre ta chère voix quand je t'ai téléphoné vers 21 h 30.
Après ta voix s'est éteinte à jamais..... Tu m'as reconnue, tu m'as dit que tu étais tombé, que tu avais tenté de joindre maman, j'ai essayé de te rassurer et j'ai appelé les secours.... Je voulais tant y croire, même si l'angoisse était présente dans mon cœur comme un étau qui m'empêchait de respirer....

Je suis venue aussi vite que j'ai pu
J'ai vu tes larmes couler, la souffrance sur ton front. J'ai senti ta main droite, la seule encore vivante, serrer la mienne. Tu l'as levée vers mes cheveux et par les cheveux tu m'as attirée vers toi pour un baiser.......
Et je me refusais à désespérer. Je savais ta souffrance, j'ai répondu à tes questions muettes parce que je savais quelles questions te minaient.... J'ai caressé ton front, embrassé ta joue et tes chères mains..... Et j'aurai voulu le faire encore des années et des années.... tellement je t'aimais, tellement je t'aime

Mon petit papa, j'étais égoïste, car tu n'aurais jamais plus retrouvé l'usage de la parole, jamais plus tu n'aurais pu marcher, tu n'aurais même pas retrouvé la faculté de manger....
Mais, papa, comprends, j'avais encore tant à te dire.... j'avais encore tant à te demander..... J’avais encore tant besoin de l'affection de tes yeux qui me regardaient....
Papa, pourquoi donc es tu parti, déjà ? ... je sais que tu avais 84 ans, que tu étais sur un fauteuil roulant, que les drames de nos vies t'avaient épuisé, que le cancer et le diabète te faisaient souffrir... mais je te voulais encore dans ma vie, je te voulais encore me parlant.... j'avais encore les autres films à te montrer....

Dans nos vies il y a eu des hauts et des bas... des drames affreux, mais tu es pour moi le plus gentil papa du monde, le plus merveilleux
Je t'ai admiré et je t'admire encore.
Autodidacte intelligent et sensible tu m'as guidée sans avoir à me préciser les choses, tu m'as donné la curiosité, la compréhension des différences des uns et des autres, tu m'as fait découvrir qu'il ne fallait pas juger sans savoir et plus que tout je voudrai posséder ton humour en toutes circonstances.... Je suis reconnaissante que cette intelligence et cette sensibilité tu ais pu les garder jusqu'à la fin... Jus qu’au bout de ta vie terrestre...De toi, de ta vie parmi nous ici sur terre, c'est de ces choses là uniquement que je me souviendrai....

Papa, mon petit papa, je t'aime, tu me manques déjà tellement, tu ne cesseras de me manquer mais je ne veux pas te retenir, quand bien même je le voudrais que je ne le pourrais pas…Que ton âme parte vers d’autres lieux et connaisse le bonheur, c’est tout ce que je veux pour toi….

Annemarie
(Annemie Auburtin)



dimanche 3 mai 2015

    

                                                      (photo de  ODE B)

CRIS et chuchotements


Une voix
Qui chuchote en moi....
Affolée, choquée, attristée.
Dans ma paix violée
Des cris
Transpercent ma vie.
« Vielle folle ! »
Pauvre cœur tu  flageoles.
« T’es immonde !»
J’entre dans la ronde..
« Sorcière ! »
Des sentiments en bandoulière…
« Je te déteste ! »
De l’Amour indigeste.
Oh ces cris
Transpercent ma vie.
Porte encore et encore claquée,
Mon âme est  piétinée.
Porte cassée et re cassée,
Amour encore et encore fracassé.
Verre brisé :
Respect oublié,
Âme brisée,
Amour piétiné.
Meurtrie,
Suis-je  seulement encore en vie
Mes chuchotements
En moi hurlent abominablement.
Téléphone qui sonne,
Amitié qui résonne,
Amitié et chaleur.
Tout doux mon cœur..
Mon enfant meurtrie,
Plus à plaindre que moi
Dans sa violence emplie d’effroi,
Ne me détruis plus aujourd'hui.
Malgré tout je vis
Malgré tout, je vis.


Annemie Auburtin

vendredi 10 avril 2015

"Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part"
C'est le titre d'un roman d'Anna Gavalda.
Il m'est arrivé déjà d'avoir désespérément envie d'être attendue quelque part... et quand je dis "quelque part" je devrais plutôt dire "être attendue dans ce tout petit village de l'Yonne, où se trouvait la maison construite par mon arrière arrière grand père, Achille FAULLE et dans la quelle je rendais souvent visite à mes grands parents (pépé Robert était son petit fils)





Il est sept heures.. 
J’avale mon petit déjeuner sans même prendre le temps de le savourer, prépare à la va vite de quoi faire un casse croûte ce midi, attrape mes bagages déposés à côté de la table et,le visage rayonnant de bonheur, je grimpe dans ma vieille golf. 
Un petit moment d’hésitation, ai-je bien éteint la machine à café… ai-je bien fermé à clef, et je démarre une chanson aux lèvres, CETTE chanson, si souvent chantée par ma grand-mère, « toi ma p’tite folie, mon p’tit grain de fantaisie, toi qui bouleverse, toi qui renverse, tout ce qui était ma vie ». 
Je prends l’autoroute. Auxerre 266 km. 266 kilomètres à faire avant de me retrouver sur cette route qui mène à Andryes, village de mes ancêtres sur plusieurs générations. Village de même pas 300 habitants, la campagne quoi. La campagne où les coqs chantent encore et où seul le bruit des tracteurs trouble un silence paisible. Et surtout et par-dessus tout  village où mémé et pépé ont cette petite maison, construite par mon arrière-arrière-grand-père ; cette petite maison  qui leur permet régulièrement de s’évader de leur vie parisienne. Je les vois comme si j’y étais déjà… tous les deux sur le perron le visage chaleureux et souriant.
Je mets la radio mais « toi ma p’tite folie » continue à me trotter dans la tête…Les kilomètres défilent… Neufchâteau… je n’ai fait que 66 kilomètres ! Il me tarde d’arriver.. Je me garerai sur le petit bout de place juste devant la grille d’entrée, je les verrai, car bien sur ils m’attendraient. Sans prendre le temps de refermer la voiture, je grimperai à toute allure les quelques marches du perron pour leur sauter au cou…L’émotion m’étreint et je fais un gros effort pour me concentrer sur la route…à la radio un tube débile et toujours cette chanson qui me trotte dans la tête
Kilomètre après kilomètre je pense à eux, mes grands parents. Je les aime. Ils m’ont tant manqué. Chaumont. Je vois déjà le sourire complice de pépé qui va me demander « alors, as-tu fait bonne route ma petite fille « tandis que mémé va me dire, le repas est prêt. Mémé est la reine de la cuisine. Ses blanquettes sont un véritable poème. Mais rien n’égale ses soupes faites maison. Et à Andryes les soupes au cresson rivalisent avec les soupes à l’Oseille. Un régal ! J’en ai l’eau à la bouche
Auxerre ! L’émotion me submerge et j’ouvre grand les yeux. Ma golf docile traverse le pont duquel on voit la cathédrale avant de tourner à gauche pour monter direction de l’hôpital pour ensuite m’engager sur cette  départementale  que je connais par cœur.
Gy-l’Eveque. C’est ici qu’en compagnie d’une copine j’avais fait du stop, sans savoir que le conducteur de la voiture dans laquelle nous étions montées était un ami de mémé et pépé.. Je me souviens encore maintenant de ma honte quand je me suis aperçue qu’ils étaient au courant et de mon soulagement quand j’ai vu sur le visage de pépé SON sourire gentil un tantinet ironique et que mémé m’a simplement dit, « ne le refais plus » sans autre forme de procès.
Coulanges-sur-Yonne. Plus que 4 kilomètres. Mes yeux sont des soucoupes. J’ai traversé Coulanges et je me retrouve sur la route qui descend vers Andryes. Je pense à la petite chambre sous les toits dans laquelle se trouve MON lit. De la lucarne je peux voir les poules en liberté et l’église qui se trouve juste à côté en hauteur. Je sens l’odeur du pain grillé des petits déjeuners. J’entends déjà mémé me rappeler de ne pas prendre de bain trop rempli, car le chauffe eau….et pépé me demander comment vont les enfants.
Andryes. J’y suis, j’y suis… L’arbre de la liberté, le petit « grand pont », au pas je traverse Andryes et la voilà, la maison, leur maison, ma maison. Mon cœur fait un bond et se serre, bien sûr. Une femme, qui n’est pas ma grand-mère bien sûr,  en sort sans me voir, sans me regarder et au lieu de me garer sur le petit bout de terrain devant la grille, je fais le tour, je gare ma golf derrière. Au lieu de refaire le tour à pied et de frapper à la porte, je monte vers l’église…
Arrivée en haut, je jette un regard sur la campagne et, lentement,  les yeux fixés sur la petite maison de mes ancêtres, je mange mon casse-croûte en pensant à toutes les soupes, qu’elle me faisait, elle, mémé. Puis, les yeux remplis de larmes,  je me dirige vers le cimetière où elle et pépé reposent l’un à côté de l’autre…

(Annemie Auburtin)