dimanche 3 mars 2019


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2 février 2019, samedi



C’est encore la même chose que je vais écrire, depuis des années, encore et toujours la même chose

J’ai une grande, belle maison… enfin une maison  qui me plait

Mais c’est dans mon bureau que je mange.

Les larmes brûlantes, refusent de couler et pèsent, pèsent en moi.

J’ai mis la radio italienne, fort, très fort.

Ces chansons si italiennes ne sont pas faites  pour me consoler. Au contraire.

Je les écoute si fort, qu’elles couvrent ses cris.

Mais elles ne couvrent pas mes cris intérieurs, mon désespoir et ma désespérance.

Elles ne font que couvrir ses cris à elle, et encore, pas toujours.

Et à les écouter, ces chansons italiennes, si tendres, si douces, à les entendre, je me sens plus seule encore.

Qui me prendra un jour dans ses bras ?

Qui, un jour, me bercera et me dira ces mots qui pourraient me consoler, peut être, même pas sur. 

"Mais non, tu n’es pas mauvaise, mais non tu n’as pas tout raté… mais non elle ne te hait pas."

"Mais oui, tu es quelqu’un de bien, mais oui tu mérites aussi de rire et d’être aimée. Mais oui tu mérites de finir tes jours dans la paix, cette paix qui toute ta vie t’a été refusée"


On peut quitter un homme alcoolique qui vous violentait et violait.

On peut quitter un homme colérique qui vous insultait et vous rabaissait

Mais comment fait-on quand c’est votre enfant, la plus jeune, qui une fois de plus, qui encore et encore hurle, insulte, vous obligeant à vous retrancher dans une pièce, voire même à quitter la maison, votre maison.

Comment fait-on quand les larmes ne veulent plus sortir, et vous brûlent de l’intérieur ?

Comment fait-on quand on voudrait hurler, mais que les hurlements restent coincés à l’intérieur de vous ?

Comment fait-on quand rien ne change, que les mois passent, les années et qu’on se fait encore et encore hurler dessus… pour rien ?

Une enfant adulte, encore dépendante de vous.

Une enfant adulte, se conduisant dehors, en pleine rue, en plein magasin, en gosse mal élevée…. au point que les gens vous regardent étonnés, apitoyés et que vous n’avez qu’une idée, rentrer vite, vite chez vous.

Une enfant alcoolique elle aussi.

Une enfant, insultante elle aussi.



J’ai tout essayé, la fuite, les efforts vers une communication non violente.

Mais à l’instar de son père, une goutte suffit, une goutte,  un regard, pour que la colère, noire et désespérée, éclate. Durant des heures… Et cette colère, ces hurlements, m’emprisonnent dans ma maison, dans ma vie.

Voilà maintenant deux heures qu’elle hurle, claque les portes et que je pense à me faufiler pour quitter ma maison, mon havre, dont elle fait un enfer…

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